Amazon Echo (2ème génération) : le test

Amazon Echo (2ème génération) : le test

Après le Google Home, c’est au tour de l’Amazon Echo de tenter d’envahir les foyers français. C’est donc la voix suave d’Alexa que l’on peut avoir aujourd’hui dans son salon pour nous donner la météo ou des informations simples et basiques. Est-ce le véritable assistant que l’on attendait ?

Après avoir été massivement déployée outre-Atlantique, Alexa sort enfin de son silence et débarque en trombe dans nos contrées. Pour inaugurer l’assistant vocal d’Amazon en français, le géant du Web a dégainé trois produits de la gamme Echo. La version la plus attendue n’est autre que l’Echo (de deuxième génération). Voyons ce que vaut cette enceinte intelligente.

Présentation :

Cette enceinte connectée fonctionne avec Amazon Alexa, qu’on utilise grâce à ses 7 micros, qui parviennent à entendre la voix de l’utilisateur même s’il y a de la musique. Pour l’utiliser, il suffit de commencer sa requête par « Alexa » (ou « Amazon » ou « Echo », au choix de l’utilisateur).

On retrouve de nombreux Skills, disponibles sur l’application Alexa, pour varier l’expérience. Ainsi, en plus de la transmission d’informations, Alexa peut exécuter des requêtes comme commander des Pizzas ou un Uber. Il est également possible de la connecter à d’autres appareils connectés, à condition qu’ils soient compatibles, pour gérer la température de la maison, ou l’éclairage.

Les enceintes de la gamme Echo fonctionnent avec les appareils sous Fire OS, Android ou iOS. Sur le dessus de l’appareil se trouvent 4 boutons et un cercle lumineux pour indiquer si le micro est actif ou non.

Un assistant d’intérieur

L’un des principaux reproches que l’on adresse généralement au Google Home, c’est son design bien trop ressemblant à un désodorisant d’intérieur. L’Amazon Echo de son côté est plus sobre. Un peu plus grand qu’une canette, il est parfaitement tubulaire et revêt un habillage à la texture unie sur la totalité de son corps, avec effet denim. Il est légèrement plus grand (148 mm contre 143), mais moins large (88 mm contre 96,4), plus sobre et s’intègre assez discrètement à un intérieur. La personnalisation est pour le moment moins grande que pour l’engin de Mountain View, mais on peut choisir la robe de l’Echo selon trois possibilités : gris anthracite (foncé proche du noir), gris chiné ou sable (gris clair proche du blanc). Sans aller jusqu’aux 50 nuances, il semblerait qu’Amazon aime cette couleur et porte moins d’attention aux finitions boisées disponibles uniquement outre-Atlantique.

La partie basse est en caoutchouc antidérapant pour éviter tout accident, notamment si vous avez des enfants en bas âge ou des animaux qui auraient tendance à tirer sur les câbles qui pendent ci et là. Et puisque l’on parle du câble, celui-ci vient se loger dans un discret renfoncement dans le bas du dos de l’enceinte, juste à côté d’une sortie auxiliaire. Cette dernière est très pratique (j’y reviendrai), mais retirer le cache de protection lorsque l’enceinte est branchée est un exploit de force et il est dommage de devoir la débrancher pour ensuite la connecter à un système audio tiers. Dernière chose concernant l’alimentation : le bloc cubique est un peu large et ne s’adapte pas parfaitement dans une multiprise avec d’autres blocs un peu larges.

Ergonomie

Depuis la première version de l’Echo, Amazon a concédé quelques efforts sur le design. En effet, la seconde génération se pare d’un revêtement en tissu, décliné en trois coloris pour le marché français (anthracite, gris ou sable).

D’aucuns pourront apprécier ces finitions d’inspirations scandinaves, similaires à celles que l’on retrouve chez Libratone Vifa. La partie supérieure de l’enceinte accueille pour sa part les boutons de commande, lesquels ne sont pas tactiles mais mécaniques, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On retrouve ainsi deux touches autorisant le contrôle du volume, une autre pour couper le micro de l’assistant et une dernière pour activer Alexa sans prononcer son nom ou bien arrêter la lecture d’une de ses réponses.

Du côté de la connectique d’entrée, l’Echo n’est hélas pas mieux dotée que la Google Home. Elle n’est ainsi dotée d’absolument aucune entrée filaire, même pas Ethernet ; la connexion au réseau doit se faire en Wi-Fi, sinon rien ! Seule la connectivité Bluetooth permet de diffuser le son provenant d’une source externe. En revanche, la présence d’une sortie ligne (sur mini-jack) permettant de connecter l’Echo à n’importe quel système audio est une attention particulièrement bienvenue. Mieux encore, il est même possible d’utiliser l’interface Bluetooth en émission, et donc de connecter une enceinte Bluetooth externe !

Enfin, pour en terminer avec le tour du propriétaire, le haut est cerclé d’une diode colorée élégante et de 4 boutons. La lumière permet de connaitre l’état d’Alexa (coupée, en attente…) ou de l’enceinte (volume), tandis que les boutons permettent de rendre Alexa totalement sourde et ainsi parler d’elle sans qu’elle ne réagisse, de régler la puissance du son ou encore de paramétrer le tout.

Notons également la présence de 7 petits orifices répartis sur le haut pour les micros. Leur nombre permet notamment d’activer Alexa depuis n’importe où dans la pièce. Alexa arrive d’ailleurs plutôt bien à nous entendre, mais cela devient difficile lorsque plusieurs sources vocales arrivent en même temps

Reconnaissance vocale

Ce sont pas moins de sept micros qui quadrillent la façade supérieure de l’Amazon Echo, avec pour objectif de proposer une captation de voix parfaitement omnidirectionnelle, aussi efficace en champ proche qu’en champ lointain. Hélas, malgré cette abondance, l’enceinte propose des performances en deçà de nos attentes.

La promesse de captation omnidirectionnelle est certes tenue, mais les micros s’avèrent assez sensibles aux perturbations sonores. Dès que l’enceinte se trouve dans un environnement légèrement bruyant (tel que l’open-space de notre rédaction), il est nécessaire de s’adresser à elle en haussant la voix et en parlant lentement pour qu’elle comprenne nos injonctions. Dans les mêmes conditions, la Google Home s’avère nettement plus agile dans la compréhension des ordres qui lui sont adressés. L’enceinte intelligente de Mountain View a beau n’embarquer « que » deux micros, sa reconnaissance vocale est en toute circonstance plus efficace que celle de l’Echo — et pas moins omnidirectionnelle, par-dessus le marché.

Par ailleurs, lorsqu’elle émet du son elle-même, l’Echo a une tendance trop marquée à couvrir ses propres micros : dès que l’on règle le volume un peu haut, il devient difficile de se faire entendre, au point, dans le plus extrême des cas, de devoir littéralement lui crier dessus.

Relevons enfin que l’Amazon Echo est assez sensible au timbre de la voix qui lui parle. Selon nos expériences, elle semble reconnaître plus facilement les voix aiguës que les voix graves, et par conséquent être plus à l’aise avec les voix féminines que masculines.

Audio :

Dans l’ensemble, le son produit est bien meilleur que celui d’un Google Home, à la fois plus puissant et plus clair. Tout du moins lorsque l’on reste dans des niveaux de volume acceptables, et on est encore très loin de la qualité que peut proposer un Apple HomePod.

L’Echo embarque un woofer de 6,5 cm et un tweeter de 1,5 cm, tous deux positionnés à l’horizontale, rayonnant respectivement vers le bas et vers le haut contre des diffuseurs acoustiques qui se chargent de disperser le son à 360°. Une conception relativement sophistiquée qui laisse croire que l’enceinte a pour ambition de proposer des prestations audio plus que respectables. Malheureusement, le résultat n’est pas à l’avenant.

En effet, malgré les petites basses plutôt appréciables, l’Echo sature assez vite dès lors que l’on pousse un poil le volume, écrasant les basses et étouffant les mediums. Lors de ma preview, Amazon m’a fait la démonstration du multiroom pour ceux qui ont plusieurs enceintes, ce qui était plutôt convaincant à fort volume, mais je n’avais malheureusement qu’une seule enceinte pour essayer lors de mon test. Seul, l’Echo peine à sonoriser une pièce correctement.

On notera également qu’il est obligatoire de posséder un compte Amazon Music Unlimited pour écouter de la musique sans rien préciser, ou de mentionner son service de streaming préféré dans sa requête. Enfin, si vous préférez Spotify ou Deezer puisque Google Play Musique et Apple Music ne sont pas disponibles.

Fort heureusement, le principal avantage de l’Echo sur ses concurrents est la présence de la sortie auxiliaire qui lui permet d’être branché sur n’importe quel système plus qualitatif pour allier contrôle vocal et qualité audio.

Echo souffre d’une restitution déséquilibrée, dans laquelle les bas médiums et les aigus ont tendance à écraser le reste du spectre. Mais le véritable problème majeur de cette enceinte est son flagrant manque de précision, qui la rend l’utilisation en écoute musicale peu satisfaisante. Les graves sont certes étonnamment étendus pour une enceinte de cette taille, mais au prix d’un lourd déficit de réactivité et d’un effet de boîte très marqué. Les basses fréquences échouent donc à conférer la moindre assise au son.

Les haut-parleurs de l’Amazon Echo offrent donc des performances clairement insuffisantes pour pouvoir s’acquitter correctement de toute autre tâche que la reproduction de la parole. Pour bénéficier d’une qualité sonore pleinement satisfaisante, il est donc nécessaire d’employer un système sonore séparé et de le connecter à la sortie ligne ou à l’émetteur Bluetooth de l’Echo — interface dont la présence est donc d’autant plus appréciable.

Entretien (poli) avec Alexa :

C’est bien sur le contrôle vocal que l’on attend l’Amazon Echo, puis-qu’avant d’être une enceinte, il s’agit d’un assistant vocal. Assistant à qui l’on peut poser un grand nombre de questions ou demander certaines actions. Faut-il parler ici uniquement de l’enceinte et tester Alexa à part ? Bien que cette dernière soit évolutive, il est difficile de réellement séparer les deux tant l’intérêt du produit se réduit à peau de chagrin dès lors qu’on lui enlève son « intelligence ».

Converser avec Alexa est étonnant, parfois en bien et parfois en mal. Amazon a beaucoup travaillé pour lui donner une personnalité propre et créer des dialogues agréables, ce qui se ressent au quotidien, notamment sur les requêtes les plus courantes comme la météo. Sur les échanges un peu moins habituels, la voix de notre chère assistante reprend un rythme plus robotique, assez saccadée.

Amazon Echo fonctionne grâce à l’assistant vocale Amazon Alexa. Alexa, c’est donc le nom donné à cet outil de synthèse vocale alimenté à l’intelligence artificielle. A l’image du jeu “Jacques a dit”, il vous suffit de dire “Alexa” et de formuler votre demande pour que l’appareil vous obéisse. Alexa est donc bien la tête pensante. Et comme elle pense, elle évolue. Tout ce que vous lui demanderez ou tout ce que vous direz lorsqu’elle est allumée lui permettra de devenir plus intelligente et de s’adapter à votre vocabulaire et à vos besoins. Elle apprend de vous afin de vous rendre la vie plus facile. Comme elle est toujours connectée, elle peut donc être constamment mise à jour.
Pour réveiller l’assistant vocal d’Amazon, il est de rigueur de prononcer “Alexa” et d’enchaîner assez rapidement la commande vocale pour ne pas perdre la liaison avec l’assistant vocal. Après, toutes les possibilités sont permises, tout du moins sur le papier. De la météo, au trafic info, en passant par les résultats sportifs ou des questions de culture générale, Alexa s’en sort relativement bien — à condition toutefois qu’elle intercepte la commande.

Le flash info est plutôt bien optimisé sur Alexa. Depuis l’application, il est possible de définir la liste des médias dont on souhaite obtenir le résumé du jour. Pour ce faire, rendez-vous dans les paramètres de l’application > Flash info > Obtenir plus de contenus pour votre flash et sélectionnez les médias qui vous intéressent (parmi une sélection de 77 médias).

Alexa autorise la création de routines. Il s’agit ici d’automatiser une suite d’actions personnalisées à l’aide d’une commande vocale spécifique que l’utilisateur peut lui-même définir. En prononçant par exemple « Alexa, bonjour« , l’assistant peut vous donner la météo du jour, enchaîner avec le flash info tout en allumant les ampoules (connectées) de la salle de bain et en lançant la cafetière (à l’aide d’une prise connectée). Outre la commande vocale, une routine peut également être définie selon un horaire précis.

Bien évidemment, Alexa fait la part belle au pilotage des différents équipements de la maison. Amazon s’est entouré de nombreux acteurs du secteur : Philips Hue, Netatmo, Legrand, TP-Link, Tado, Logi, Ring. Lors de nos tests, le contrôle des ampoules Hue s’est passé sans encombre « Alexa, allume la lumière de la cuisine« , « Alexa, baisse l’intensité lumineuse« , « Alexa, mets la lumière en bleu« . La liste des équipements compatibles est encore assez limitée, mais il ne fait aucun doute qu’elle s’enrichira au fil du temps et des nombreuses mises à jour logicielles. 

Pour l’écoute de la musique — une fonction phare de l’enceinte —, les utilisateurs de Google Music ou d’Apple Music devront passer leur chemin, Alexa autorisant seulement l’accès vers Amazon Music Unlimited, Prime Music, Deezer et Spotify.

Alexa permet aussi d’appeler et d’envoyer des messages via VoIP, à condition toutefois que les destinataires aient un appareil de la gamme Echo ou l’application Alexa installée sur leurs smartphones. Mais compte tenu de la mauvaise captation du micro (voir ci-dessus), il serait sans doute préférable de zapper cette fonction.

Enfin, l’assistant vocal peut créer des rappels, créer une liste de courses, raconter des histoires ou des blagues (une équipe éditoriale est en charge de créer du contenu éditorial pour Alexa).

Notez qu’à ce jour aucun service de Google (Agenda, Maps, Photos, Music, etc.) n’est aujourd’hui compatible avec Alexa, « mais ça ne saurait tarder« , nous a-t-on affirmé. Par ailleurs, Alexa n’est pas encore en mesure d’identifier les voix et de fournir du contenu personnalisé en fonction de la personne qui interroge l’assistant, et c’est bien dommage ; Google a pris une certaine longueur d’avance sur ce terrain.

Toutes les commandes vocales sont recensées dans la page d’accueil de l’application par ordre chronologique. Notez qu’il est possible d’effacer chacune des requêtes en passant par l’historique de votre appareil. Pour cela, rendez-vous dans les paramètres de l’application. Ne vous faites pas trop d’illusions : malgré la suppression de l’historique, les données sont toutefois récupérées sur les serveurs d’Amazon.

À ce jour, force est de constater qu’Alexa souffre d’un manque de peps, de fonctionnalités (malgré les 200 « skills » tierces déployées au lancement) et les échanges avec elle se font au gré d’une reconnaissance vocale capricieuse. Celle-ci souffle le chaud et le froid. Autant elle impressionne en comprenant certains mots mâchés, balbutiés, des noms anglais prononcés à la française et bien d’autres pièges encore. Mais dès lors que l’on sort un peu de son catalogue, il lui arrive régulièrement de répondre totalement à côté de la plaque à notre question, ou de lâcher tout simplement un « je ne comprends pas ».

Sur ce point, on ne doute pas qu’Amazon va profiter de son lancement pour s’améliorer et que chaque requête effectuée par un utilisateur sera une pierre de plus pour consolider des fondations déjà correctes. Toujours est-il que les premiers acheteurs joueront le rôle de « bêta testeurs » pendant encore quelques mois.

Toute la partie vocale est donc à améliorer, mais l’avantage sur ce point est que la mise à jour va se faire de manière invisible pour les utilisateurs. Alexa va s’améliorer petit à petit côté serveur au fil du temps et des requêtes, et Amazon compte investir beaucoup pour rendre son usage en français bien plus agréable. Il faudra donc rester à l’écoute.

Un assistant compétent ?

En dehors de la qualité de sa reconnaissance vocale, il est intéressant de se pencher sur l’intérêt d’un tel produit au quotidien et ses capacités qui permettront de nous aider au quotidien.

L’Amazon Echo est capable de nombreuses choses, à commencer par raconter des blagues, donner la météo ou servir de dictionnaire. On peut également accéder à certains services comme Google Agenda, mais pas encore à tous. Oubliez toute connexion avec un Chromecast ou avec YouTube par exemple. Mais l’Amazon Echo n’est pas figé, et c’est peut-être là sa plus grande force ! Si ses fonctionnalités de base n’ont rien d’époustouflant par rapport à la concurrence, l’application (disponible sur Android et iOS) permet d’activer des « Skills », des commandes supplémentaires développées par des services tiers, ce qui lui permet d’étendre grandement ses possibilités.

Les produits d’Amazon qui intègrent Alexa :

La liste des objets connectés compatible avec Amazon Écho est longue, mais voici déjà la liste des produits qui intègrent l’assistant Alexa :

  • Amazon Echo Dot : la version miniature d’Amazon Écho
  • Amazon Fire Tablet: la gamme de tablettes tactiles de la marque compatible avec Alexa
  • Amazon Echo Show : la station météorologique made in Amazon. Parmi ses nombreuses fonctionnalités, il y a celle de prévenir des changements météo ainsi que de tenir sa liste de choses à faire, son agenda ou même sa liste de course à jour.
  • Amazon Dash Wand : le scanner de produit qui permet d’ajouter tout ce dont a besoin pour faire ses courses
  • Amazon Fire TV Stick : la version Chromecast d’Amazon qui permet de streamer tout son contenu multimédia sur sa télévision
  • Amazon Echo Dot Kids : le nouveau doudou de votre enfant. L’enceinte qui lui permettra d’apprendre les bonnes manières

En conclusion :

POINTS FORTS

  • Design.
  • Finitions de qualité.
  • Sortie ligne sur mini-jack, émetteur Bluetooth.
  • Touches mécaniques.

POINTS FAIBLES

  • Reconnaissance vocale capricieuse surtout en environnement bruyant.
  • Des performances sonores décevantes.

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